Société Saint François de Sales
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Une page de François de Sales


Sermon pour le 2e dimanche de Carême (25 février 1614) : Transfiguration et oraison

François commence par dire que la Transfiguration ne fut pas un miracle, mais plutôt « une cessation de miracle » : le miracle étant le fait que, étant Dieu et Homme, Jésus pendant sa vie ne laissa voir que son humanité (cf. Phi.2,6 : « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu »).

A partir de la Transfiguration, François choisit de parler de l’oraison : « Comment connaîtrons-nous que nous nous avançons à l’oraison et, par le moyen de l’oraison, à la perfection ? » (la perfection évangélique, bien sûr, non la perfection humaine).

En réponse à la question, il propose quatre considérations.

1. « La première est celle-ci : Jésus étant monté sur la montagne se mit à prier, et étant en prière il fut transfiguré, et sa face devint plus reluisante que le soleil et ses vêtements blancs comme la neige » (Mt 17,1-2). « Or, nous connaissons que notre oraison est bonne et que nous nous avançons en elle, si, lorsque nous en sortons, nous avons, à l’imitation de Notre Seigneur, “la face reluisante comme le soleil et nos habits blancs comme la neige”, je veux dire, si notre face reluit de charité et notre corps de chasteté... Si, au sortir de l’oraison, vous avez un visage renfrogné et chagrin, l’on voit assez que vous n’avez pas fait l’oraison comme vous deviez. »

2. « La seconde considération est sur ce que les Apôtres virent “Moïse et Elie qui parlaient” à Notre Seigneur de « l’excès » (exode) qu’il devait faire à Jérusalem. Voyez-vous, parmi la Transfiguration l’on parle de la Passion, car cet « excès » n’était autre que la Passion ... Quel excès ? ... Que Dieu descende de sa gloire suprême ... pour prendre notre humanité... jusqu’au point qu’étant immortel il s’est rendu sujet « à la mort et la mort sur la croix ». Notre Seigneur parle donc de sa Passion et de sa Mort parce que c’est le souverain acte de son amour ... On doit par conséquent dans la consolation se ressouvenir de la Passion ... (Car) la vraie perfection ne s’acquiert point parmi la consolation (cf Saint Pierre et les Apôtres « absents » de la Passion !). On descend de la montagne du Thabor pécheur, mais au contraire de celle du Calvaire « justifié ». L’on est véritablement fort en crainte parmi la consolation, car on ne sait si on aime les consolations de Dieu, ou bien « le Dieu des consolations » (2 Cor 1,3), mais en l’affliction il n’y a rien à craindre. »

3. « Je fais la troisième sur ce que l’on entendit « la voix du Père éternel qui dit : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». Il faut donc obéir au Père éternel en suivant Notre Seigneur pour ouïr (entendre) sa parole. Et voici comment nous sommes enseignés que tous, de quelque condition qu’ils soient, doivent prier et faire oraison, car c’est là où principalement ce divin Maître nous parle. Je ne dis pas que nous devons faire autant d’oraison les uns que les autres ... Je dis bien néanmoins que si vous voulez bien faire votre devoir, il faut que vous priiez Dieu, et c’est en l’oraison que nous apprenons à bien faire ce que nous faisons ... Mais il ne servirait de rien de l’écouter (Jésus) si nous ne faisions ce qu’il nous dit, observant fidèlement ses commandements et ses volontés. »

4. « Je passe à la quatrième considération. Les Apôtres étant relevés (car ils tombèrent sur leur face en entendant la voix du Père éternel ), ne virent plus que Jésus seul. Ceci est le souverain degré de la perfection, de « ne voir plus que » Notre Seigneur en quoi que nous fassions. Plusieurs s’empêcheront bien de regarder les hommes et les choses de ce monde, mais il en est extrêmement peu qui ne se regardent point eux-mêmes. Même les plus spirituels recherchent et choisissent les exercices qui sont plus à leur goût et plus conformes à leurs inclinations. Il ne faut cependant voir que Dieu, ne plus chercher que lui, ni avoir aucune affection que pour lui, et nous serons bienheureux. » Cette béatitude peut devenir nôtre si nous gardons « les yeux fixés sur Jésus Christ », comme nous y invite le temps du Carême. « Les âmes qui sont parvenues à ce degré de perfection ont un soin tout particulier de regarder et se tenir auprès de Notre Seigneur crucifié sur le Calvaire, parce qu’elles l’y trouvent plus seul qu’en nul autre lieu. »

François CORRIGNAN Diocèse de Vannes (France)


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